Cinéma et photographie, est-ce la guerre ?

Entre image fixe et image animée, la concurrence est rude. Certains voient la photo comme un style trop ancien et trop figé, pour laisser la place au cinéma qui lui paraît beaucoup plus vivant. D’autres opteront pour la photo, car d’elle découlent toutes les aspirations cinématographiques de notre ère. Qui l’emportera donc à cette joute interminable ?

La photo, des images fixes chargées de message

On reproche souvent à la photographie son état inanimé. Il s’agit sans doute là de la nature même de la photographie. Celles-ci à le privilège de figer le temps, fixer un moment de la vie pour le garder précieusement en souvenir. Ce qui a toujours de la photo un élément vital pour certains, c’est sa faculté à immortaliser les instants. Un instant avec lequel on a vécu avec ses proches, un instant de joie, un instant de tristesse… ces instants mêmes si on certains ont été douloureux, on souhaite en garder un bout de souvenir.

Le cinéma, la narration de l’histoire

À première vue, le cinéma a une longueur d’avance sur la photo. En effet, il s’agit d’une séquence d’image animée qui ne permet pas uniquement de figer le temps, mais vraiment qui transporte dans le temps avec le décor, l’ambiance et les détails imperceptibles parfois à travers des photos inanimées. Toutefois, le cinéma puise sa source dans la photographie, certains réalisateurs comme Michelangelo Antonioni du film Blow Up mettent l’accent sur la vie d’un photographe qui lui cherche à comprendre la raison de ses clichées. Le cinéma illustre une idée d’orientation dans un environnement que seul le réalisateur choisit. Le public est donc dirigé vers une narration composée par le rédacteur du film, par opposition aux photos qui elles, la narration vient du conscient même de celui qui l’observe.

Cinéma et photographie, sur le même rail ?

Il est inimaginable de penser que la photo ressemble au cinéma ni vice-versa. Ce qui est vrai c’est que photo et cinéma s’entrelacent perpétuellement. Il y aura toujours une histoire, une narration à travers une photo. Et il y aura toujours des plans fixes, à l’image des photos dans une scène cinématographique. Ce point de vue conceptuel est renforcé par les techniques utilisées par ces deux moyens, il y en effet une grande similitude entre la prise de vue, la luminosité, etc. entre appareil photo et caméra. Ne nous laissons donc pas tenter de les opposer, car on peut très bien les utiliser ensemble.

 

The Grand Budapest Hotel, un cinéma à voir par les photographes

The Grand Budapest Hotel, c’est l’art cinématographique poussé à son stade le plus artistique. Le grand savoir-faire de son réalisateur Wes Anderson vient animer les grands acteurs de ce film dans une décoration épurée et calculée au centimètre près. De cette belle performance ont écoulées les quelques conseils en photographies suivants.


Un film très visuel

L’ambiance des scènes est immédiatement transmise au public. Les couleurs utilisées dans ce luxueux hôtel rendent très visuelles chaque séquences. Puis la mise en valeur des plans de paysage qui ne peuvent que transporter le regard dans un environnement mystique et exceptionnel.

Des jeux de plans bien travaillés

Un grand nombre de plans dans ce film est composé de plans fixes puis d’un mouvement lent, qui rappel le mouvement du regard d’un humain en train de se tourner doucement vers une personne ou un sujet. Cette qualité de plan ne peut que révéler le côté très humain de ce film.

Des lumières utilisées avec parcimonies

Chaque plan a été filmé avec une haute précision de calcul de la lumière. L’usage de cette source de lumière offre une vue agréable et une atmosphère particulière chaque étape de l’histoire. En prenant des photos, il faut aussi penser à cette lumière, car s’il y en a trop, cela risque de rendre floue l’image, s’il en manque, on risque d’avoir une image sombre… il faudra donc veiller à bien maîtriser l’usage de cette lumière dans l’art de la photographie.

Le cadrage et l’ouverture

Ce film laisse entrevoir l’usage du cadre dans un cadre. Quelque scène se passe à travers des cadres vraiment uniques. Chaque ouverture est utilisée pour mettre en évidence le déroulement d’une scène : celles-ci peuvent être des portes ouvertes, etc. Ces petites ouvertures donnent le sentiment que la scène se passe à l’intérieur de deux cadres. Ce qui d’un effet unique sur le public.

Des superbes techniques de prise de vue

Les techniques de prise de vue dans The Grand Budapest Hotel démontrent encore une fois que l’on peut toujours faire sortir quelque chose d’unique à travers des techniques simples. Des vues en plongées, des panoramiques, etc. ces quelques bases de la cinématographie sont des véritables sources d’inspirations pour ceux qui souhaitent affiner leur talent dans l’art de la photographie.

Il y a beaucoup à dire sur ce film et sa réalisation, mais pour le moment, laissez-vous tenter par son visionnage